Histoire du design
Architecture marocaine : riads, arcs et patios
Des murs nus sur la rue, tout un monde autour du patio.
Par Zarbish · · 7 min de lecture

L'architecture marocaine se tourne vers l'intérieur. Côté rue, la maison traditionnelle n'offre qu'un mur nu et une porte ; tout le décor se déploie autour du patio, entre les arcs, le plâtre sculpté, le cèdre peint, les carreaux émaillés et l'eau.
Ce qu'elle apprend à une maison d'aujourd'hui tient en peu de mots : des murs calmes, un sol riche, un centre dégagé, et chaque passage encadré comme une vue. Voici ses traits, ses maisons, et la façon dont elle peut structurer une pièce.
L'essentiel
- L'architecture marocaine se tourne vers l'intérieur : la maison montre un mur nu à la rue et réserve son décor au patio et aux pièces qui l'entourent.
- Un riad est une maison à patio dont le centre est un jardin ; un dar est une maison à patio dont le centre est pavé.
- La maison traditionnelle se bâtit en brique et en pisé, puis se pare en couches : zellige au bas des murs, plâtre sculpté au-dessus, cèdre peint au plafond.
- Une entrée en chicane empêche la rue de voir à l'intérieur : on rejoint le patio par un détour, jamais en ligne droite.
- Ces principes vivent très bien dans une pièce moderne : murs calmes, surface la plus riche en bas, centre dégagé, et des arcs ou des cadres qui font de chaque passage une vue.
Les traits de l'architecture marocaine
Tout part d'une seule idée : la beauté appartient à l'intérieur. Même les demeures les plus riches restent sobres sur la rue et gardent leur ornement pour le dedans. De là découlent sept traits que l'on reconnaît d'un bout à l'autre du pays.
- Un patio au centre. Toutes les pièces principales s'y ouvrent, et il apporte la lumière et l'air à une maison qui n'a presque pas de fenêtres sur rue.
- Une entrée en chicane. La porte mène à un passage qui tourne avant d'atteindre le patio : personne, dehors, ne voit à l'intérieur.
- Des galeries et des arcs. Des arcades sur piliers bordent le patio, souvent doublées d'une galerie à l'étage, et leurs arcs encadrent les portes des pièces.
- La brique et le pisé. Des murs épais et massifs, qui gardent les pièces fraîches l'été et tièdes l'hiver.
- Un décor en couches. Le zellige en bas des murs, le plâtre sculpté au-dessus, le cèdre peint ou sculpté aux plafonds et aux portes.
- L'eau et le végétal. Une fontaine au centre et, dans un riad, un jardin.
- Une lumière filtrée. Moucharabiehs de bois et ouvertures profondes adoucissent le soleil avant qu'il n'entre.
La manière dont ces couches se traduisent en décor, pièce par pièce, est détaillée dans notre guide de la décoration marocaine.
Comment s'appellent les maisons marocaines ?
La maison traditionnelle est un dar ou un riad, et tout se joue dans la cour. Le dar a une cour centrale pavée ; le cœur du riad est d'abord un jardin. Autour d'eux, d'autres bâtiments ont laissé leur nom au vocabulaire du design marocain : la kasbah, maison fortifiée ; le fondouk, auberge de marchands organisée autour de sa propre cour ; le hammam, le bain public carrelé.
Les tapis Mozaik puisent leurs noms dans ce vocabulaire, et chaque modèle dit quelque chose du bâtiment qui le nomme.
| Bâtiment | Ce que c'est | Ce qu'il apporte à une pièce | Tapis Mozaik |
|---|---|---|---|
| Riad | Une maison dont le patio est un jardin | Un centre ouvert, du végétal, un cœur apaisé | Riad |
| Fondouk | Une auberge de marchands autour d'une cour | Un cadre autour d'un centre plus calme | Fondouk |
| Hammam | Le bain public carrelé | Des couleurs émaillées, des contours adoucis comme par la vapeur | Hammam |
| Agdal | Le jardin clos de Marrakech | De l'ordre, et la vie qui pousse dedans | Agdal |
| Biban (les portes) | Les portes monumentales de la ville | Un seuil, le sentiment d'arriver | Biban |
| Jidar (le mur) | Le mur épais de terre ou de brique | La masse, les assises, le calme | Jidar |
Ce que l'architecture marocaine fait à une pièce
Elle tient en quatre habitudes à reprendre, sans le moindre souvenir de voyage : des murs calmes, la surface la plus riche en bas, un centre dégagé, chaque ouverture encadrée. La maison à patio dépense son ornement là où le corps rencontre le bâtiment, au sol et au bas des murs, et laisse le haut dans un simple enduit. Dans une maison d'aujourd'hui, cette place revient au tapis.

Une pièce donnant sur un patio se contente de peu : un enduit à la chaux, une porte en arc, un sol de pierre, et un seul motif, au sol. Aker le fait en rond : neuf touffes corail rosé sur fond ivoire, les huit du pourtour inclinées pour suivre le cercle, leurs pointes sombres tournées vers l'extérieur. Son nom vient du pigment rouge rosé vendu dans de petites coupelles de terre au souk, et un tapis comme lui se pose là où serait la fontaine, au milieu de la pièce, avec de l'espace autour.
Le centre vide compte plus que n'importe quel motif. Les pièces d'un riad regardent un milieu dégagé, et c'est ce vide qui rend lisible le décor qui l'entoure. Dans un salon, on obtient le même effet avec un tapis assez grand pour marquer le centre, les meubles gardés sur ses bords. Un tapis rond y réussit particulièrement, parce qu'il répond au bassin circulaire qui occupe le cœur du patio.
Arcs, seuils et longues perspectives
Dans l'architecture marocaine, l'arc est moins une structure qu'un cadre : il marque un seuil et fait de la pièce suivante un tableau. Les galeries des patios alignent arcs en plein cintre, arcs brisés et arcs outrepassés, si bien que traverser une maison revient à passer d'une vue encadrée à l'autre.

Shamsa montre comment un tapis de couloir change un passage en chemin d'approche. Deux colonnes de rosaces à degrés, bleu marine aux extrémités et olive au milieu, conduisent le regard jusqu'à la porte du fond. Shamsa, c'est la rosace solaire, et le tapis aligne ses soleils comme les étapes d'un trajet. Reprenez l'arc en chemin, dans un miroir ou une niche, et l'entrée se lit comme un seul espace composé plutôt que comme un couloir.

Jidar veut dire mur en arabe, et ce tapis se construit comme un mur, assise après assise : des formes à degrés moutarde, pêche, ivoire et orange s'empilent sur un fond bleu canard profond, et un panneau ivoire orné d'une seule fleur corail ferme chaque extrémité. Dans un long couloir aux portes ouvertes, le médaillon empilé offre au regard une halte à mi-chemin, comme un pilier de galerie rompt le long côté d'un patio. D'autres modèles pour l'entrée et les passages sont réunis dans nos tapis de couloir.
L'architecture moderne au Maroc
L'architecture marocaine moderne garde le plan tourné vers l'intérieur et les métiers d'art, et change les matériaux autour. Casablanca est la ville qu'on cite le plus : son centre conserve des immeubles du début du vingtième siècle où les lignes Art déco dialoguent avec le plâtre sculpté et la ferronnerie marocains, et sur le rivage se dresse la mosquée Hassan II, bâtiment contemporain réalisé avec les savoir-faire traditionnels à une échelle monumentale. Maisons et hôtels récents reviennent au pisé, aux patios profonds et aux murs épais pour la raison même qui les imposait à la médina : ils gardent un bâtiment frais sans machine.
Le fil qui relie tout cela, c'est la main. Le zellige se taille encore pièce par pièce, le plâtre se sculpte encore sur place, le cèdre se peint encore au pinceau, et les bâtiments qui comptent le plus sont ceux où ces savoir-faire restent visibles. Les mêmes jeux de carrés et de mosaïques se retrouvent au sol dans les tapis à damier.
Mozaik : l'architecture en laine
Mozaik est la collection que Zarbish a bâtie sur ce monde : la géométrie du zellige et l'architecture qu'il habille, nouées main dans la laine. C'est la plus moderne des collections Zarbish, avec des blocs à la façon des carreaux, des rosaces, des treillis et des cadres sur des fonds calmes. Son héritage est berbère, au sens large : dans le récit que Zarbish porte, la beauté de la ville carrelée a gagné les maisons des villages, et les artisanes y ont puisé leurs motifs. Ce lien entre villes et montagnes est raconté dans notre article sur la culture amazighe.
L'équipe d'artisans de Zarbish noue chaque modèle sur des métiers verticaux en acier, version moderne des métiers en bois des maisons de village, ce qui permet à un tapis de couloir de suivre une longue entrée et à un grand tapis d'occuper toute une pièce. Pour mesurer un couloir ou un salon, suivez notre guide des tailles.
Un couloir voûté ou une longue galerie à habiller ? Envoyez-nous une photo de la pièce, et Zarbish compose avec vous un tapis sur mesure, à la taille exacte de l'espace.
















